11 juin 2007

Décu mais pas dépité, car je veux garder l'espoir pour la vitalité de notre démocratie

Déçu. Je le suis assurément.

Au delà du Parti Socialiste, j’étais d’abord le candidat d’un projet. A partir de mes expériences de terrain, conduites très souvent en équipe, j’avais dessiné un projet pour le Var autour de 4 principes majeurs :
- L’excellence environnementale,
- Le développement des entreprises TPE-PME et la création d’emplois,
- Une politique volontariste en faveur du logement social,
- Une démocratie locale exemplaire, avec un besoin urgent de redonner du sens et du contenu au mandat de député.

Pour faire vivre ce projet, nous avons mené avec Sylvie Guigonnet et mon équipe de campagne, une démarche axée sur le terrain. Elle s’est voulue à la fois innovante, pédagogique et riche en idées ; sans pour autant minimiser les défis à affronter dans l’avenir. J’ai considéré que cette période électorale était capitale pour notre démocratie. L’enjeu était bien de débattre pour aider les électeurs dans leur choix. Mon plus grand regret est à ce sujet de ne pas avoir pu débattre, malgré plusieurs occasions avec la candidate sortante. Au delà des convictions politiques, les projets doivent se confronter et se répondre pour simplement gagner en intelligence. C’est un des secrets de la réussite. En tout cas, c’est ce que j’ai constaté dans la politique locale et dans le monde de l’entreprise.

Aujourd’hui, c’est donc la candidate d’un parti qui est élue. Le Var était jusqu’à présent représenté par 7 députés. Demain, le changement voulu, c’est de tous les reconduire.

C’est bien dommage pour la vitalité de notre débat démocratique et pour les idées. Deux facteurs ont probablement contribué à cela (merci aux (é)lecteurs de faire part sur ce blog de leur analyse et de leur sentiment) : la présidentialisation totale du régime (avec par exemple l’inversion du calendrier) et la finesse politique de Nicolas Sarkozy durant son premier mois de Président (une certaine forme d’ouverture opportuniste). Mais cela n’explique probablement pas tout, je prends donc mes responsabilités aujourd’hui ; et surtout je les prendrai également demain. Car la campagne électorale a été très riche. Elle m’a beaucoup appris. Elle m'a par exemple confirmé dans la passion que j’éprouve pour ce département et ses potentiels.

Je ne peux donc pas baisser les bras. Je compte continuer mon combat pour défendre les idées de progrès ainsi qu’une certaine conception de la politique.
Je le fais pour les militants et sympathisants qui ont fait un travail extraordinaire.
Je le fais parce que je crois que notre département peut être demain mieux pensé et mieux préparé pour l’avenir.
Je le fais pour les varois de toutes les générations, auxquelles appartiennent mes 5 petits-enfants. J’ai toujours fait de la politique au niveau local pour anticiper et améliorer la vie de mes concitoyens. Je continuerai à le faire.

J’ai déjà eu l’occasion de faire part de mes citations favorites durant la campagne. Aujourd’hui, une me revient à l’esprit : « La défaite est novatrice, la victoire est conservatrice ». Quelques mots de Sénèque pour un peu me consoler. Pour montrer également à tous les militants, sympathisants, hommes et femmes de progrès tout le chemin à parcourir pour faire vivre notre démocratie dans le Var.

Posté par Michael_Latz à 10:50 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires sur Décu mais pas dépité, car je veux garder l'espoir pour la vitalité de notre démocratie

    felicitations

    Déçu de tes résultats car si toutes les personnes à qui tu as rendu service,avaient voté pour toi,tu aurais écrasé tes adversaires
    Contant de te garder comme Maire (tans pis pour les autre)
    Merci à tous les deux d'avoir eu le courage de représenté nos valeurs
    Anne-Marie et Martial

    Posté par brunet, 11 juin 2007 à 15:55 | | Répondre
  • Fils-à-papa....

    Bien sûr. Je suis déçu. Déçu pour toi. Déçu pour Sylvie. Pour Dominique, pour Thierry, pour les militants des premières heures, pour l'équipe que tu as mise en place autour de toi. Pour l’équipe que tu as su si bien faire travailler pour qu'elle donne le meilleur d'elle même. Tu abordes cette épreuve avec simplicité et sagesse. Comme d'habitude. C'est tout à ton honneur. J'ai de mon côté moins un pincement au cœur qu’une petite fêlure. Elle mettra probablement un peu de temps à se résorber. De l'énergie, des idées neuves, l'envie d'en découdre, la volonté de préserver une forte « honnêteté intellectuelle », le plaisir de porter un projet auquel nous croyions. Tout cela. Voilà quelques-uns des sentiments qui m'ont transvés ces derniers mois. Nous étions conscients de l'ampleur de la tâche. En novembre, en préparant toute notre stratégie de campagne, nous étions une petite dizaine. L’envi était alors à la hauteur du défi. C’est peu dire. L’espoir. C'était la plus belle chose qui nous unissait dans ce combat démocratique. Alors oui, la défaite. Avec toutes ses raisons plus ou moins évidentes. L'inversion du calendrier. Le sens politique de Nicolas Sarkozy. Le contexte droitier du Var. Une députée sortante qui a fait la meilleure campagne qui soit, à savoir, ne pas en faire pour ne pas montrer ses failles et sa difficulté à débattre. D'autres raisons aussi sûrement. Plus douloureuses celles-là, car nous concernant plus directement. Un Parti Socialiste qui n'a pas sur remodeler son "logiciel" comme ils disent à Paris. Alors qu’en même temps, nous sur le terrain, je crois pouvoir dire qu’on a mouillé la chemise. Quand d'autres se battaient pour passer à la télé, on pensait un projet ; et je ne dis pas cela par « anti-parisianisme primaire ». Non, je pense vraiment que nous avons une vraie crise de pensée, de leadership et d'idées. En tout cas, aujourd’hui je suis triste. Je sais que tu vas continuer le combat. Mais il va être diaboliquement long. La patience est une de tes vertues. Ce n'est hélas pas trop la mienne. Mais pour autant, je ne peux pas me résoudre moi non plus à baisser les bras. Pour les plus faibles, ceux qui vont trinquer, ceux qui n'ont pas encore conscience que la société qu'on nous prépare n'est pas plus solidaire, qu’elle sera plus individualiste que jamais, qu’elle sera implacable pour ceux qu’on n’entend pas. C’est pour eux que le combat que nous menons a un sens si évident qu'il convient de le continuer. Bon perdant, je dis bon courage à la députée élue. Tout ce que je lui souhaite, c'est de devenir pour son 2nd mandat, une élue de la nation et non pas une élue de cantons. Le Var a besoin de bien plus que d’une simple "représentation". C’est d'idées, de débats, de convictions, de combats, de rigueur, de travail de dossiers. Participer à une commission sur l’avenir de la viticulture varoise sans dire un seul mot. C’est grave. Surtout lorsque l’on prend des photos devant toutes les caves coopératives varoises. Pas d’excuse. Alors au delà des appartenances politiques, peut-être que l’expérience aidant, des nouvelles qualités viendront s'ajouter prochainement à la "gentillesse légendaire" de la candidate. Bon vent donc. A dans 5 ans

    Posté par Sébastien L., 11 juin 2007 à 16:21 | | Répondre
  • On continue

    Voilà tout le monde est parti, l’agitation a laissé la place au silence. Tous ces talents, toutes ces énergies, tous ces rêves, tous ces projets se retrouvent brutalement stoppés, en suspension dans l’air. Que d’espoirs, que de travail, que de réflexions, de débats, d’organisations matérielles, d’inquiétudes et de joies nous aurons partagé tout au long de ces mois.
    Nous nous sommes tout naturellement retrouvés autour de ces valeurs de gauche, qu’on galvaude si volontiers et qui pour un trop grand nombre de Français, ne représentent plus rien.
    Là est toute notre richesse et le combat de demain sera de faire partager ce respect mutuel, cette volonté de promouvoir une société plus juste, plus égalitaire.
    Au-delà de la déception et du découragement, il va falloir nous mobiliser, nous rassembler et réfléchir ensemble à l’avenir que nous souhaitons pour nos enfants. C’est dans l’adversité que le courage s’exprime le mieux.
    J’ai trouvé cette aventure exceptionnelle sur le plan humain. J’en sors plus riche, plus forte, plus combative. J’adresse un grand merci à toute l’équipe en lui demandant de rester en ordre de marche pour les prochains combats qui s’annoncent.
    Avec Michaël, nous avions fait le pari de l’intelligence et de la compétence. Nous ne nous sommes pas trompés. Peut-être, avons nous eu raison trop tôt? A nous de nous battre pour remettre ces valeurs à la mode….

    Posté par Dominique G., 11 juin 2007 à 18:13 | | Répondre
  • plus qu'étonnant , prémonitoire!

    Pour réfléchir, sans fléchir,rien qu'une page de...
    TOCQUEVILLE :

    « Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.

    « Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)

    « Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.

    « Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)

    « Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple… »

    Alexis de Tocqueville : « De la Démocratie en Amérique », Livre II, 1840 (10/18, 1963).
    ( On a pris la liberté de mettre en italique quelques lignes… prophétiques !)

    Posté par mireillemart, 11 juin 2007 à 23:19 | | Répondre
  • Bravo

    Bravo pour votre courage à Sylvie et à toi Mick.
    Nous savions la tâche difficile, nous nous sommes battus à vos cotés.
    Tu as réveillé en nous cette combativité de défendre nos idées de démocratie, de respect et de partage.
    Sache que nous serons toujours à tes côtés pour tes futurs combats.
    A l'amateur de citation je dirai celles-ci,
    "Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.
    [Simone de Beauvoir] et
    "A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes" (proverbe chinois).

    Amitiés

    Posté par Patrick M, 11 juin 2007 à 23:47 | | Répondre
  • déçue mais pas abbatue

    déçue pour toi pour toute cette ébergie, tout ce sourage..mais ce qui ne tue pas rend plus fort ...tu n'es pas mort ça c'est sur ! alors à bientôt avec toute mon amitié

    Posté par marie jo, 12 juin 2007 à 11:21 | | Répondre
  • Et si l’aventure ne faisait que commencer ?

    Déçus, nous le sommes tous. Il semble cependant qu’une nouvelle façon d’envisager la politique soit née avec cette campagne. En effet, la « politique politicienne », faite de slogans et d’images, a vécu. La « politique paillettes » est désormais à son apogée, mais c’est un bien de consommation comme les autres. Elle ne durera qu’un temps. Ton programme, alternant l’implication nationale et l’application locale, est un modèle du genre. Les solutions sont concrètes, tirées d’expériences réussies.

    Nous avons beaucoup souffert, tout au long des récentes campagnes, des divergences égoïstes et électoralistes des cadres du parti. Nous devons pourtant rebondir sur la dynamique créée au niveau local, afin de proposer une alternative de gauche assumée pour les prochaines échéances. Restons mobilisés, c’est la meilleure façon de construire notre avenir.

    Il n’est peut-être pas impossible de réfléchir ensemble à la création d’un laboratoire d’excellence environnementale, à la construction de logements sociaux dans toutes les communes et à toutes les solutions innovantes que tu as proposées.

    Vous avez bien mérité, Sylvie et toi, quelques séances de kiné pour effacer les traces des 25000 km effectués en « Latzmobile » sur les routes du haut Var, mais nous comptons tous sur vous pour nous aider à animer ce territoire riche en projets.

    Posté par Laurent Méaume, 12 juin 2007 à 17:01 | | Répondre
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