04 juin 2007
La bonne forumle, un mauvais calcul
Nicolas Sarkozy avait trouvé la bonne formule. La formule électorale. Facile à comprendre. Simple. Plein de bon sens : « Travailler plus pour gagner plus ». Mais quel contenu derrière ? Car, là est bien aujourd’hui la question. La grande solution est d’exonérer d’impôts les heures supplémentaires. Voilà bien une mesure peu efficace et qui de surcroit va coûter très cher à la collectivité sans apporter de solutions en faveur de l’emploi. Un argument pour justifier mon analyse ? Non plusieurs exemples très concrets.
Les contingents d'heures supplémentaires déjà prévus sous Raffarin et Fillon sont très loin d'être entièrement utilisés. Alors pourquoi cette réforme aujourd’hui qui va couter très cher ?
Si les salariés modestes peuvent y trouver un impact. Elle n’est pas du tout adaptée aux cadres et surtout aux salariés à temps partiels.
Qui va payer le déficit de la sécurité ?
Quel risque (et il ne doit pas être négligé, notamment dans les TPE-PME) de voir abaisser le taux de salaire des heures normales tout en augmentant fictivement un grand nombre d'heures supplémentaires afin de bénéficier des avantages fiscaux ?
Enfin, je pense que cette mesure aura un impact très limité sur le chômage. Je fais ici le pari des expertises de trois économistes – réputés, mais aucunement réputés spécialement à gauche - Patrick Artus, Pierre Cahuc et André Zylberberg. Ils ont été très critiques sur la défiscalisation et l'exonération de charges sociales des heures supplémentaires dans un rapport au Conseil d'analyse économique (CAE). L’analyse partagée par beaucoup d’économistes, est sans appel, le rapport estime que "ce type de fiscalité doit être évité, précisant qu’« il ne constitue pas un moyen efficace de valoriser le travail."
Je considère donc que la détaxation des heures supplémentaires favorise uniquement une infime partie des salariés en place au détriment de l'embauche. Or, c’est bien là d’après moi, l’enjeu majeur.





