23 avril 2007
85 + 1 + 25, l’équation du succès
Trois chiffres sont là pour résumer à la fois le succès et le défi de ce 1er tour.
85 %. Le taux de participation. J’ai lu quelques éditoriaux de journaux étrangers francophones. Ils nous envient cette mobilisation citoyenne. Cette réappropriation de la politique par les Français après l’immense frustration du non-choix de 2002.
1 million. C’est le nombre de voix que perd Jean-Marie LePen en 5 ans. C’est peu et c’est beaucoup. Je retiens que les idées du FN reculent et surtout notre démocratie et les défis qui nous attendent s’offrent à deux vrais projets de société.
25 %. C’est le pourcentage de voix qu’il va falloir conquérir en l’espace de 15 jours. Sacré défi, non ? Pour le réussir, ne pas perdre une minute. Réfléchir, Ségolène prend le temps de la réflexion. Parler. Expliquer. Ségolène prend la parole hier soir.
Car dès hier soir, la finale a débuté par discours interposés entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Projet contre projet. C’est d’abord cela la politique, car pour ma part, je suis beaucoup moins TSNS (Tous Sauf Nicolas Sarkozy) que TPSR (Tous Pour Ségolène Royal).
Les discours ont eu pour le coup le mérite d’une belle limpidité. Ségolène Royal: « Nous aurons le 6 mai prochain un choix clair entre 2 voix très différentes ». Nicolas Sarkozy: « En me plaçant en tête de ce premier tour et en plaçant Madame Royal en deuxième position, ils ont marqué clairement leur souhait d'aller au bout du débat entre deux idées de la nation, deux projets de société, deux systèmes de valeurs, deux conceptions de la politique. »
Mais, ces deux discours ne recouvrent pas la même stratégie: Sarkozy commence un combat direct avec la candidate de la gauche. Il annonce sa vision de la France, mais il consacre toute l'ouverture de son discours à la confrontation avec « Madame Royal » - citée trois fois en quelques phrases. Ségolène, elle, a défendu les valeurs de son Pacte présidentiel. Elle est moins dans l'opposition face à la droite - pas de mobilisation contre la personne de Sarkozy - que dans un appel au rassemblement le plus large possible.
Au-delà du texte que nombre d’entre nous ont entendu hier soir à la télé. Il y a le contexte...Show d'intimidation pour Nicolas Sarkozy, filmé à l'arrière de sa berline à toute vitesse avec des V de victoire (clin d’œil au Chirac 1995 ?). Puis tard dans la soirée, Ségolène Royal sur un podium de la rue de Solférino à Paris avec son compagnon François Hollande mais aussi Montebourg, Ayrault, Bartolone et d'autres, comme pour signifier que la famille est rassemblée pour le second tour. Le match n'est pas fini, loin de là.




