Michaël Latz, Politiquement différent - Var

Blog de réflexion et de propositions de Michaël Latz portant sur l'avenir du Var, la rénovation du Parti Socialiste, les questions d'aménagement et de développement durable

26 janvier 2007

Un rapport sur les aides publiques aux entreprises que je compte bien utiliser

Rapport_Audit_janvier_2007Un rapport sur les aides publiques aux entreprises réalisé par trois inspections générales (finances, affaires sociales et administration) a été rendu public mercredi dernier. C'est un sujet qui m'intéresse. J'ai au niveau local une expérience concrète sur ces sujets. J'ai donc pris connaissance avec le plus grand intérêt des conclusions de cette étude. D'abord je dois dire qu'elle est très bien faite, claire dans son analyse et précise dans ses recommandations. Ensuite, je vous propose d'en faire une rapide synthèse, pour vous dire ensuite ce que tout cela m'inspire.

Quelques chiffres d'abord : l'ensemble des aides publiques aux entreprises représente 65 milliards d'euros. 90% sont financés par l'État, et au moins 6 000 dispositifs, dont 22 aides européennes et 730 aides nationales. Pour information, 65 milliards d'euros représentent 4% du PIB ou un peu plus que le total du budget de l'Éducation nationale, près de deux fois le budget de la Défense, plus de trois fois le budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. L'enjeu est donc de taille.

Le rapport fait 3 constats :

  • Il existe un "fort besoin de mise en cohérence et d'évaluation des aides publiques aux entreprises", bien que l'information sur ces aides soit "abondante". Mais des "contraintes objectives freinent la mise à plat consolidée de l'ensemble des aides".
  • Plusieurs observations "conduisent à s'interroger sérieusement sur l'efficacité des aides publiques". Se pose aussi la question de la "redondance de certains dispositifs parfois coûteux". Les rapporteurs dénoncent notamment un "empilement de mécanismes voisins ou aux objectifs quasiment identiques", "une régulation du système faite de facto par les entreprises", "des décisions de création d'aides prises sans considération suffisante des analyses d'impact préalables", ainsi que des "évaluations nombreuses, mais qui ne débouchent que rarement sur des décisions de mise en cohérence et d'amélioration de l'efficience".
  • Enfin, il existe un "fort déficit de pilotage et de régulation de la politique d'aides publiques aux entreprises". Mais deux facteurs freinent la mise à plat consolidée des aides. Tout d'abord, "un préalable non atteint encore: une meilleure connaissance partagée au niveau européen des charges pesant sur les entreprises et des soutiens directs ou indirects dont elles bénéficient". S'y ajoute la réticence des entreprises elles-mêmes "à un affichage trop détaillé des aides publiques reçues".

Fort de cet état des lieux en "demi teinte" il faut bien le dire, le rapport préconise de ne pas chercher à faire un recensement exhaustif des aides, mais "d'élaborer et piloter un système d'information intégré pour mener à bien les évaluations attendues". À plus court terme, il faut "engager une évaluation rigoureuse du système des aides publiques aux entreprises dans un cadre budgétaire rénové".

Autres recommandations: "confier la responsabilité de l'évaluation de ces aides aux responsables de programme, en s'appuyant sur des comités ad hoc d'évaluation associant les divers acteurs concernés (par exemple le COE, Conseil d'orientation pour l'emploi, dans le cas des aides à l'emploi)", "entreprendre une évaluation des dispositifs les plus coûteux et supprimer les moins efficaces, en redistribuant une partie des gains vers les dispositifs les plus efficaces", "améliorer la capacité de l'État à évaluer et à piloter la politique d'aides publiques aux entreprises".

Le rapport plaide en faveur d'un "nouveau mode de régulation pour améliorer la cohérence et l'efficience des aides publiques". Le texte intégral du rapport est ici.

Ce rapport sera un des "mes livres de chevet" si je suis élu. Au delà de toutes les actions que nous devons mener pour plus de justice sociale, la bonne utilisation des deniers publics est également un enjeu majeur. Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de ne pas réfléchir au "retour sur investissement" des enveloppes budgétaires d'aide aux entreprises. Je crois que la représentation nationale, grâce aujourd'hui à la mise en oeuvre total des possibilités de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances), peut orienter et contrôler un travail sur la performance des aides publiques. C'est salutaire pour notre compétitivité.

Posté par Michael_Latz à 12:23 - Billets d'humeur - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Intéressant

merci pour ce rapport. je fais un lien avec le CEGIP, les patrons de gauche. ils viennent de faire une sorte de livret blanc, un peu style medef. mais beaucoup moins dogmatique... il n'en reste pas moins que OUI, vu les montants en jeu, il faut mieux utiliser l'argent public. Surtout que je suis persuadé que cet argent pourrait être mieux utilisé ailleurs. En vrac, la santé, l'éducation, la recherche, le logement...

Posté par Plo Olp, 26 janvier 2007 à 17:24

idem

dans la logique de l'administration qui se modernise ou en tout cas qui cherche à mieux faire. je trouve que le site sur la simplification des procédures est super bien foutu. je vous le conseille.

Posté par Iro Quoi ?, 28 janvier 2007 à 21:07

Démarche

je trouve votre démarche plutôt sympa. Prendre ce qu'il y a de bons ici et là. l'analyser. le mettre à votre sauce. le rendre plus accessible. prendre des engagements pour la suite en indiquant que cela servira lorsque l'on sera amené à être aux commandes. si je ne partage pas les idées du PS, j'apprécie votre démarche.

Posté par Lilo, 30 janvier 2007 à 09:16

Faut arréter :!

Notre classe politique ne me semble pas à la hauteur du défi à relever, qui est réel et important. Et envertu du principe selon lequel il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que de mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes, mieux vaudrait donc qu'elle s'abstienne de l'adresser : le laisser-faire est certainement moins dangereux que l'une ou l'autre des propositions jusqu'alors entendues. La recherche, l'éducation et les PMEs n'ont pas besoin d'aides publiques : elles ont besoin d'air pour respirer.

Posté par Lambert, 30 janvier 2007 à 17:09

bon résumé

J'ai fait pas de recherche sur google pour avoir de l'info sur ce rapport récent. merci de la synthèse que vous en fâites. Pour avoir lu en diagonal ce document, je trouve votre résumé tout à fait pertinent. merci.

Posté par J. Paul, 30 janvier 2007 à 20:09

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